Chaque mois de septembre on surveille, on se renseigne, on tente par tous les moyens de trouver LA nouvelle série qui pourrait faire chavirer notre cœur. De mon côté, j’ai abandonné depuis longtemps de me tenir à jour sur plusieurs séries en même temps, j’ai accepté mon incapacité à respecter un planning strict et ma découverte de nouvelles séries se fait souvent un peu au hasard. Une série a pourtant attiré mon attention, une série que je ne pouvais tout simplement pas ne pas aimer. À grand coups de promotion durant toute l’année, Scream Queens a débarqué en fanfare en octobre avec un double-épisode de près de deux heures. La nouvelle série de Ryan Murphy (Nip/Tuc, Glee, American Horror Story) ne pouvait qu’être géniale. Présentée comme une parodie/hommage des slashers et des films d’épouvante des années 90, prenant place dans le monde des fraternités des universités américaines, avec un casting incroyable et sans faute (Jamie (fuking) Lee Curtis !), Scream Queens est une des rares séries que j’ai suivi (presque) en direct, prenant rendez-vous chaque semaine, juste après mon épisode hebdomadaire de Doctor Who.

© Fox

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Dirigée d’une main de fer par Chanel Oberlin, la maison Kappa Kappa Tau est la sororité la plus prisée de l’université de Wallace. Mais, alors que la doyenne Cathy Munsch, profondément anti-Kappa, déclare la guerre en ouvrant le recrutement à toutes les étudiantes, un tueur fou en costume de diable répand la terreur à travers le campus, décimant les membres de la sororité un par un…

Scream Queens débute par la présentation de Channel Oberlin, interprétée par Emma Roberts (Scream 4, American Horror Story), la dirigeante tyrannique, riche et belle de la sororité KKT. Soyons clairs dès le début, cette série est sa série. Constamment mise en avant, possédant les lignes de dialogues les plus incroyables de toute la série, c’est le personnage qu’on adorera détester. Diabolique, égocentrique, garce, méprisante, Channel Oberlin est un concentré de tous les archétypes des méchants de Glee. Mais l’orage gronde sur son monde idéal, lorsque une brochette d’étudiantes marginales pose ses valises à KKT. Comment ça ? Toujours pas de meurtre ? En réalité, il y a des meurtres tout le temps. Scream Queens adopte la posture du « toujours plus », de fait des personnages meurent tellement souvent qu’il est rapidement difficile de tenir des comptes, ne serait-ce que dans les deux premiers épisodes.

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L’ensemble de la série pourrait se résumer à une immense orgie de références au cinéma de genre. Massacre à la tronçonneuse, Shining, Le silence des agneaux, et bien sur Scream en passant par les films d’horreur japonais, Scream Queens est une déclaration d’amour au cinéma d’épouvante. Bien entendu, la série est avant tout une comédie. Pas de grands frissons à l’horizon, en retirant la présence constante des meurtres c’est en premier lieu l’histoire d’étudiantes américaines qui se disputent la place de présidente de la sororité KKT. La présence d’un serial-killer sur le campus ne fait que rendre la compétition plus acérée. Toutefois, très vite on vient à se demander où est l’enjeu de Scream Queens ?

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La série ne joue jamais sur la corde de la crédibilité. Les réactions des personnages sont improbables et les situations sont toujours absurdes (tenter de démasquer le tueur en organisant une soirée pyjama pour jouer à action ou vérité reste mon exemple favori). Scream Queens est donc incroyablement imprévisible : tout peut arriver, que cela soit crédible ou non. Malheureusement, ce qui fait l’originalité de la série implique aussi sa faiblesse. Du haut de ses treize épisodes, force est de constater que le procédé s’essouffle. Je tends à affirmer que la série comporte au moins trois épisodes de trop pour ne pas sombrer dans le ridicule. Le dévoilement final, bien que toujours imprévisible, arrive comme un soulagement que tout ce « délire » soit enfin terminé. Et l’annonce d’un renouvellement pour une seconde saison ne fait qu’inquiéter sur la pertinence de la série sur le long terme.

Que l’on ne se méprenne pas, Scream Queens est, de loin, une des séries les plus jouissives depuis longtemps. L’écriture des dialogues est un bonheur total, la B.O. est incroyable et m’accompagne encore aujourd’hui, la réalisation et les décors sont fouillés et grandiloquents. La série a réussi haut la main là où le film The Final Girls et la série Scream ont échoué : nous proposer une réelle bonne parodie des slashers des 90s. J’ai vu les derniers épisodes avec un pincement au cœur, me rendant à l’évidence que les créateurs n’ont pas réussi à passer la phase du remplissage abusif, seul l’épilogue de l’hôpital sauve le dernier acte en nous proposant une conclusion incroyable à la storyline des Channels.

Note : 4/5