Dans ces temps de tempête et de doute, le Grand Rex se dresse fièrement, et les organisateurs du Paris International Fantastic Film Festival (ou PIFFF) maintiennent la 5è édition de leur festival qui s’est ouvert hier soir. Face à mon immense manque de régularité et de motivation, je me lance dans mon tout premier festival (de même que ma toute première séance au Rex ce matin). Ne pouvant malheureusement pas voir tous les films programmés, j’ai tout de même retenu une sélection que je tâcherai de rendre compte ici sous un rythme de J+1 (on espère).
Ce premier article commence par une tricherie. The Final Girls (ou Scream Girls en France) est un film hors-compétition présenté hier soir lors de la cérémonie d’ouverture à laquelle je n’ai pas pu assister. Heureusement pour moi, c’est le film que j’avais choisi de regarder pour Halloween, ce qui nous donne un presque vrai compte-rendu de projection, si.

Orpheline suite à un terrible accident de la route dans lequel elle a perdu sa mère – ex-scream queen des années 80 en quête de respectabilité –, une jeune fille se voit propulsée au cœur du film d’horreur qui a fait la renommée de sa maman et va devoir y affronter un boogeyman légendaire.

The Final Girls est un film de Todd Strauss-Schulson (réalisateur connu uniquement pour un film de noël étrange au casting effrayant), et c’est, il faut le dire, ce genre de films qui ont tout pour me plaire. Le casting est parfait, avec Taissa Farminga (l’adolescente blasée de American Horror Story), Nina Dobrev (autre adolescente blasée de The Vampire Diaries), ou encore Alia Shawkat (adolescente blasée dans Arrested Development) et mon chouchou Adam DeVine. Le film est magnifique visuellement, le travail des lumières est dingue et les plans sont audacieux et scotchants, au moins autant que la bande originale. Enfin, le scénario semble parfait, le film fait la promesse d’un hommage aux slashers des années 80, ses clichés, son ambiance, ses personnages, tout y est.

The Final Girls cast

© Sony Pictures

Alors où est le « mais » ? Je ne sais pas si mon attente était trop grande pour ce film, dans la mesure de ce qu’on peut attendre d’un film de ce genre, ou si sa faiblesse est avérée, mais ma déception vient bien de quelque part.
Le film manque déjà cruellement de rythme, sa première séquence nous fait la promesse d’une narration vive et d’une action constante, cependant le film s’enterre dans des discussions sans fin et une séquence – interminable – en slow-motion. Dommage, surtout vu la durée minime du film. Le propre de la promesse du film est de déjouer les clichés de son modèle, à savoir les films stéréotypés des années 80. Au lieu de cela, le « geek » de la bande se contente de pointer ces mêmes clichés sans jamais les dépasser. Le film devient au final prévisible et son twist laisse un goût amer. Enfin, le film souffre, par un mauvais timing, d’une comparaison évidente avec sa cousine télévisée, j’ai nommée : l’immense Scream Queens. Sans m’étendre sur cette série (sur laquelle je reviendrai bientôt), sachez juste qu’elle réussi sur chaque point où The Final Girls échoue. Ce n’est pas beau de comparer, mais rien n’y fait : la comparaison est évidente, et douloureuse.

Et pourtant j’aurais envie d’applaudir l’effort visuel de The Final Girls, son concept parfait, son casting, sa trouvaille incroyable du flash-back interactif et du générique dans le décor. Malgré tout l’effet n’est pas là, et on ressort du film sur sa faim face à son vide et à ses interminables scènes « dramatiques ».

Il est à noter que je parle uniquement du film, je me doute que la soirée d’ouverture du festival a donné une autre dimension à The Final Girls. Mais en tant que simple film, on repassera.

Note : 2,5/5