Après une grande campagne de communication et une certaine attente, vous devez être nombreux à regarder (ou à avoir terminé) la première saison de The Leftovers, une série créée par Damon Lindelof et Tom Perrotta, deux têtes connues d’une petite série nommée Lost. Pour ceux qui ne connaîtrait pas cet énième petit bijou signé HBO, sachez que cet article sera plus qu’élogieux, cette première saison s’est terminée ce dimanche, et j’ai encore peine à m’en remettre.

© HBO

L’histoire se situe trois ans après la disparition inexpliquée d’une personne sur cinquante, sur toute la surface du globe. On suit les habitants d’une petite ville près de New York, Mapleton, où une journée de commémoration des disparus se prépare, tandis qu’un groupuscule comparable à une secte s’apprête à troubler le deuil des habitants.

Le pitch de la série n’est pas sans rappeler d’autres séries « à disparitions ». On pense aux 4400, aux Revenants, et autres œuvres en tout genre. Seulement le point de vue choisi par The Leftovers est d’emblée modifié : on ne s’étend pas sur la disparition en tant que telle, la série se fixe sur les restants, les leftovers, et sur leur manière de continuer leur vie après une telle catastrophe. Les thématiques sont clairement celles du deuil et la question principale des personnages est de savoir comment réussir à continuer de vivre dans un monde où 2% de la population a disparu sans raison apparente. On suit ainsi une sélection des habitants de Mapleton, mais aussi certains membres d’une secte étrange : the guilty remnants, au but trouble au début de la saison. Au fil des épisodes, on comprend mieux leur visée et leurs actions, mais je vous laisse le plaisir des hypothèses.

Ce qui frappe dès le premier épisode, ce sont les moyens employés pour transmettre les émotions au spectateur. On reconnait facilement la mise en scène efficace et forte d’une production HBO (Six Feet Under, Big Love, Game of Thrones, etc.) qui, associée aux orchestrations de Max Richter, nous arrache le cœur de la poitrine à presque chaque épisode. Les scènes sont fortes et intenses, pour peu que vous soyez aussi sensibles que moi, certains épisodes devraient parvenir à vous retourner assez facilement. On passera sur le physique plus qu’avantageux de Justin Theroux (l’acteur principal), et on saluera les prestations exemplaires des quelques seconds rôles tels que celle de Christopher Eccleston, le révérant confronté aux remnants tout au long de la saison.

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J’avouerais assez facilement que The Leftovers représente un modèle prédominant de ce que je recherche dans une série dramatique. On place le spectateur au dessus d’une communauté unique (celle de Mapleton), confrontée à un événement qui les dépasse, tentant de vivre et de survivre avec le dit-événement et ses conséquences. Cet effet de « cloche », comme lorsqu’on enferme des fourmis dans un sillon pour les observer réagir à leur nouvel environnement, est ce qui m’intéresse dans ce genre de série. Retirons 2% de la surface de la Terre et imaginons la vie d’une poignée d’habitants face à un événement mondial, voila le pari lancé par The Leftovers (et par l’auteur du livre dont la série est inspirée).

Pour cette première saison, le pari est réussi. The Leftovers réussi à se placer en marge du paysage bien huilé de HBO, tout en utilisant ses éléments de mise en scène caractéristiques. J’ai encore un peu de mal à me remettre du dernier épisode, grandiose, et j’attends avec impatience l’été prochain, pour retrouver les habitants de Mapleton.

Note : 4,5/5