Toujours à la recherche de nouvelles séries pour combler mon petit manque d’activité actuel, je me suis vu conseiller Utopia, une série britannique créée par Dennis Kelly, dont la première saison fut diffusée l’année dernière. C’est la série que j’ai choisi pour ouvrir encore un peu plus mon panel de critiques. Je n’ai encore jamais écrit de critique de série, ce sera donc un essai qui, j’espère, sera à la hauteur de cette série grandiose.

© Channel 4

Utopia nous met dans la peau de quatre personnes, liées par leur amour d’un comic : The Utopia Experiments, écrite par un ancien scientifique à la santé mentale douteuse. Alors qu’ils vont entrer en possession du manuscrit de la seconde partie, ils se retrouvent poursuivis par une organisation aux méthodes ultra-violentes, qui cherche à tout prix à mettre la main sur ce manuscrit. Pour échapper à une mort atroce, ils devront s’allier à une jeune femme étrange et ne jamais s’arrêter de courir.

Dès les premiers plans, la série surprend par son traitement de l’image. Filmée en scope (ce qui est peu courant pour un format tv), un soin méticuleux est apporté à chaque élément du cadre, les couleurs sont criardes, les paysages magnifiques, tout est fait pour nous en mettre plein les mirettes. Si on devait classer Utopia, on placerait la série dans la catégorie du thriller conspirationniste. On fait rapidement la connaissance du groupe Network, qui n’hésite pas à tracer un sillon de morts sur son chemin pour récupérer le précieux manuscrit. Les scènes sont crues, mais la photographie atypique et la bande-son électro parviennent à nous imposer la distance nécessaire pour supporter les images qu’on nous offre.

La série est présentée sous le format original de six épisodes de 60 minutes. Six épisodes, c’est court, mais c’est sans doute le format nécessaire pour conserver le rythme effrené et le suspense constant au fil de la saison. Le découpage est nerveux, barré, à l’image de la B.O, et les épisodes s’enchaînent sans nous laisser le temps de souffler. J’ai moi-même dévoré la série en une seule journée, avide de percer le mystère du manuscrit et Mr. Rabbit.

© Channel 4

Les personnages participent grandement à l’originalité de la série. On dépeint une facette de l’Angleterre moderne au travers d’une jeune doctorante un peu simplette mais ambitieuse, un informaticien blasé rapidement dépassé par les événements, un Mulder-like fervent croyant de la théorie du complot, un fonctionnaire faiblard à la morale bafouée et, bien entendu, un enfant débrouillard délaissé par sa mère alcoolique. Ce panel éclectique devra jouer avec la mystérieuse Jessica Hyde, froide et calculatrice, qui représente leur seul moyen d’échapper à Network.

Utopia instaure un danger constant pour les personnages auxquels on s’attache facilement, personne n’est jamais tout à fait à l’abri et pour s’en sortir, il faudra percer le mystère du fameux manuscrit avant ses poursuivants. Le résultat en fait une série passionnante, en marge des autres productions actuelles et teintée d’un délectable humour noir. Elle a su balayer ma déception due au final de True Blood ou à la dernière saison de Game Of Thrones (bien en dessous de la précédente). Je place cette saison en haut de ma liste de recommandations, si tu ne sais pas quoi regarder prochainement, plonge toi dans l’univers d’Utopia pour une belle leçon de mise en scène et de photographie. Je digère encore cette saison pour passer à la suivante, je vous donnerai probablement mon avis si je continue mes critiques de séries…

Note : 5/5